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mardi 22 août 2023

Une Étreinte d'Ange


 


Je prie…

 

Pour une étreinte de lumière, bénédiction

Lien doux de coton

Qui apaise ma poitrine

Comme un giron de mère velouté

Où je me couche quand l’obscurité

Assaille mon cœur…

 

Je prie…

 

Pour une étreinte serrée

Repos pour guerrier fatigué

Dans un bout de temps

Où le monde à contretemps

Multiplie le poids

Qui me retient prisonnier

 

Je prie…

 

Pour une étreinte puissante, incantation

Qui m’arrache à la hantise

Des jours où mon âme

Ne retrouve ni la force ni le calme

De s’extirper à la désespérance

Quand la foi me manque et le vide m’épuise

 

 Je prie…

 

Pour une étreinte d’ange

Un quelconque archange

Qui, pour un moment que ce soit, me donne abri

 Me donne le repos qui me pousse à la vie

Qui laisse ma tête sur son épaule reposer

Et garde silence quand il m’entendra pleurer !

 

(Carmen Cupido)


samedi 5 novembre 2022

Coquelicot Fou en Danse Imprudente


Celui-ci est un amour en désamour,
Si présent dans la douleur
De tant vouloir qui mal me veut…

Amour quiet de sentiment profond
Déversant solitude sur mon monde…

Clameur blessée qui s’agite
Cri strident qui ressuscite
Amour Parfait qui n’a jamais été…

Muse meurtrie chantant des lamentations
Élevant aux cieux l’écho de mes tourments...

Vide corsé d’un quelqu’un absent
Mais toujours, toujours, pressant
Et moi, coquelicot fou en danse imprudente...

Fantôme qui bouillonne dans mes veines
Et quasi moqueur, avec tout son calme
Incessamment, prend d’assaut mon âme...

Impitoyable, sa fureur urgente
Brûle, de si incandescente...

Et moi, accrochée au rêve, comme dans l’antan
Je suis nue, ingénue et accueillante
Entre les rayons tenus de chaque aurore...

Et lui, qu’est-ce qu’il s’en soucie ? Si quand il ouvre la porte
Me lance un dédain lancinant
Qui, aiguisé, coupe
Le silence étouffant...

Grondement sibilant d’eau dure
Qui, de tant frapper, perce
Mon cœur blessé...

Et moi, la laide, la mal-aimée, je me sens incroyante
Quand enfin se yeux se posent sur moi, prolongés
Comme s’ils étaient des lèvres qui m’embrassaient.

(Carmen Cupido)


 

vendredi 28 février 2020

Instant entre deux souffles


L’Aria du silence
Est une vieille amie
Qui me prend sous son art
Sous sa mélodie
Sagesse dans le désespoir
L’ombre qui me suit
Fidèle à mes pas
Où que j’aille
Elle est là
Dans les pavés des rues
Dans les sentiers perdus
Dans la douleur
Dans la fureur
Dans l’aveuglement
D'un moment de rage
D'un égarement du discernement
Elle est là, 
Me berce dans ces bras
Assise dans un interstice
De prudence et de paix
M’arrachant ainsi
(Pour un instant suspendu entre deux souffles)
Des griffes des mots
Qui insultent ou trahissent
Fatiguent ou alourdissent
Dans tous les cas de figure
Où abondent le sang et les blessures.

(Carmen Cupido)

jeudi 27 février 2020

Soleil d'Automne



Je t’attends
Depuis la nuit des temps
Je suis ce tournesol, tête dans le ciel
Scrutant avidement
L’entière ovalité de l’horizon
Mes yeux rivés sur toi
Oh Astre majeur
Du haut de mon silence
Je guette ton passage
À l’équateur céleste
Et tu viendras,
Au coin de ta bouche
Tu porteras
Ton sourire solaire
Et les profonds sillons
Que la dureté des chemins
Aura creusé
À la lisière de tes yeux
Déclameront les histoires
Chaque ligne de ta trajectoire
Périlleuse, entre les équinoxes
Ton regard de lumière
Se posera alors sur mon cœur
Révélant toute la candeur
Qui définit ton visage
Et je reconnaîtrai
Dans la distincte intégrité
De la quiétude que tu m’offres
Que ce Soleil
Vêtu d’automne
Est le destin
Qui frappe enfin
À ma porte.

(Carmen Cupido)

mercredi 26 février 2020

Il y a des Jours


Il y a des jours couleur morosité
Où les heures ne sont que des pourpres fleurs
Hurlant au vent toute leur acescence
Et leur habituelle ténacité, aux cris égosillés
Tombe, à moitié meurtrie, dans l'atonie du silence

Il y a des jours qu'on porte sur nos épaules
Comme un pesant poids, scabreuse coupole
Qui plombent nos pieds et enfoncent nos têtes
Et sous ce dôme, dominés nous sommes
Par la funeste mélancolie ambiante

Il y a des jours qui nous oublient
Dans la position fœtale du désenchantement
Où nos âmes et leurs aigus chants
Entre doigts glissent, doucement, tel des cygnes blancs
Qui glissent, tristes, mais majestueusement

Il y a des jours qui nous emmènent au bout de nous-mêmes
Montés au dos de comètes indomptés
Les étoiles nous frôlent alors de si près
Perçant, sans aucune peine, toutes nos mortelles misères:
Ces papillons noirs que virevoltent dans nos yeux.

(Carmen Cupido)

vendredi 21 février 2020

Baiser de Lumière


Je ne veux pas, je ne veux plus
Me lever, chaque jour
Obliger mon corps, mon âme
De traîner le poids, les peines
De l'évidence de ton absence
Comme un boulet que le sort
A attaché à mes pieds.
Je ne veux pas, je ne veux plus

Puis-je te confesser
Que depuis que tu es parti
Vivre sans ciel ni étoiles
M'est devenu insupportable
Que je crains que si je laisse fleurir les mots
Les rimes en folie se fassent dévastateurs flots
Noyant tous les battements de mon coeur
Dans une mer de mélancolique poésie
Perpétuellement noircie par le viscéral silence
Tu sais? Ce néant abyssal que tu as laissé
Au creux de mes mains
Quand tu t'en es allé

Comment?
Aide-moi, je ne comprends pas
Toi, l'étoile qui s'est consommé
Qui n'existe plus, qui n'existe pas
Peut-il être l'astre du berger qu'encore me conduit
Altier, au zénith,  au milieu de ma nuit
Celui, qu'à chaque aurore
En douce, effleure ma bouche
De son baiser de lumière...

(Carmen Cupido)

jeudi 13 février 2020

Guerrier de Lumière


La voici,
L’occulte vocation 
L'ultime aspiration du silence
Délivrer tous les cris
Ces créatures emprisonnées
Qu’y gisent
Au fond 
De nos yeux meurtris
Creuser
Un profond sentier
Dans le gouffre infertile
Infernale de nos gosiers
Ouvrir le passage
À toutes les voix
Orphelines de mots
Se faire
Guerrier de Lumière
En éternel duel
Épée en main
À l’assaut
De tous les maux
Qui nous ensevelissent
Vivants
Dans l’obscurité
Cet étendu noir
Avaleur d’astres
Géant néant
Qui tue
Sa faim de matière
En engloutissant
 Nos âmes amères.

(Carmen Cupido)


jeudi 6 février 2020

L'oisillon Poème


Y a-t-il que moi qui perçoit
L'exaltation de la dolence
Au premier coup de bec
De l'oisillon poème
Dans la coquille du silence?

Cette matrice menue
Où le mal se fait mot
Matière pour métaphore
Restituant forme et splendeur
Aux chants endormis des Muses

L'enchanteresse mélodie
Et l'écho que d'elle résonne
C'est un éclair en bouche
À l'exaltée arôme
Qui sautille dans mes papilles

Oh l'imprédictible tempête
Qu'en défeuillant ses vents, ses orages
Déverse mille verses
Au fond de ma gorge!

(Carmen Cupido)

vendredi 2 août 2019

Silence, ça pousse...



Silence, ça pousse...
Cette graine qui se fait tige
A beaucoup à nous apprendre
Sur la simplicité
Des entrailles de la Terre
Elle nous arrive
En toute humilité
Tirant sur ses racines
Sans aucune autre passion
Qui l'anime
Que celle de tendre
Son entier corpuscule
Encore si frêle, minuscule
Vers le zénith maximal
Astre majeur dans le ciel
Acte d'obstination
Sans aucune autre prétention
Que celle de naître à la vie
Que celle de se faire Fleur...


Et ceci même si...
En terrain hostile!


(Carmen Cupido)






jeudi 28 février 2019

En choeur



Et
C’est arrivé
Ce moment
Où le temps
Et les plaies profondes
Égorgent mes mots
Et inondent
Le fond de ma gorge
De fiel
Et le miel
Tant dilué
Est tout
Sauf sucré
Dans mon cœur,
Les fleurs
Ne valsent plus
À la douceur du vent
Et l’allègre pépiement
De l’oiseau perdu
Pour toujours
S’est tu
Même les lucioles
Ne cabriolent plus
Et se meurent
Et leurs lueurs
Ah, leurs lueurs
Ne m’en illuminent
Plus…
Or, me voici
Dans la pente obscure
Du cruel désamour
Où même tes yeux
Me sont interdits
Telles des étoiles
Qui se nient à la nuit
Maudite absence
Perfidement présente
Et ton silence
Ah ton meurtrier silence
Entière, me détruit
Il a en lui
Cette terrible puissance
De broyer mon cœur
D’une seule main
Et bien
Que j’en appelle
À tous les anges
Et à tous les saints
Pour que cesse
L’infâme douleur
Seule la tristesse
Et la stupeur
Me répondent 
En chœur !

(Carmen Cupido, 28.02.2019)

lundi 15 août 2016

Fleur en Bouche


Le silence...

Ce mot comme un autre
Blessure qui se vautre
Dans le sommeil du secret
Étreinte caché d'un regret
Aux syllabes suspendues
Âme distendue
Par le fil de l'agonie
Douleur à l'heure
Où le tout en dysphonie
Est une fleur qui se meure
En bouche !

(Carmen Cupido)

dimanche 14 août 2016

Géant Abismal




En silence.
Soutenir le poids de ton absence
Déjà-vu ou Clairvoyance
D'un présage lacrymal
Qui s'attise dans ma veine
Et fait de moi le rameau fantôme
Où, seul, ton ombre
Géant abismal
Ambule, vague, déambule
Et dans l'entre-temps
Dans un murmure
Quasi muette plainte
Tout en moi se meure, s'annule
L'amour, l'air
La vie, la lumière
Et moi ici,
(laisse-moi rire...)
Déjà demi morte,
Je veux encore par la force
Étancher la blessure
De ton absence
En silence.

(Carmen Cupido)



jeudi 19 mai 2016

Paupières Endormies


(Acrylique "Les yeux fermés" de Damian Kłaczkiewicz)


Comme
C'est difficile
De dessiner l'esquisse
Douloureuse de la sincère parole
Entre vraies lâchetés et fausses peurs lacrymales
Entre narcissismes aigus, sourdes indifférences
Et le silence, toujours le silence
Oppresseur, seigneurial...

C'est
À se demander
Si la capacité d'expression
 N'est ce qu'un vaste désert stérile
D'essence, d'émotion, de cœur, de raison
Aride, acide horizon qui s'étend
Sous les paupières endormies des gens...


(Carmen Cupido)

jeudi 12 mai 2016

Au creux de ma paume



Une ombre se glisse
Au seuil de mon être
Dans mon ventre se hisse
La nuit comme un sceptre

Elle m'effleure ; telle fleur de fiel
Et l'(in)culte silence dans son autel
Replie l'insurgé cri dans ma bouche
Quand la noirceur viens et me touche

Folle, ignare, béotienne, la nuit
Elle me veut mais ne sait pas qui je suis...

Je porte le jour au creux de ma paume
L’aube éternelle en forme de baume
Arc-en-ciel à la source infinie
Lumière qui jaillit, jaillit, jaillit...

(Carmen Cupido)

jeudi 28 avril 2016

Dieu sur mon épaule





Oh Dieu,

Fais que mes yeux
Ne tombent dans l'opacité
Cette cruelle cécité
De l'indigne indifférence
Qui plonge les âmes dans l'errance
Et les gorges dans le silence...

Fais que mon coeur percale
Au sommet de sa tige verticale
Ne perde jamais sa belle lueur
De tendre et douce fleur
Qui, dans l'ultime effort pulsionnel
Étire ses pétales vers le ciel...

Je t'en prie,

Viens couper la sangle ventrière
Qu'en suspens retient la lumière
Et éventre, de tes saintes mains,
L'ombre à la matrice féconde
De tous les cris du monde
Vite engloutis, morts nés sans demain...

Je veux tant croire que tu es l'oiseau orphelin
Celui qui brandit son pépiement cristallin
Contre les scies de l'homme qui détruit son nid ...

Quand tu seras fatigué, 
Épuisé de tant oeuvrer, 
Viens, viens te réposer... 
Sur mon épaule !


(Carmen Cupido, 28 Avril 2016)