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vendredi 29 octobre 2021

Vie...


Vie...

Folle, pulse dans la veine
Étincelle qui éblouit
Le noir vide de l'inexistence
Lui insufflant de l'essence

Les premières rafales d'air respirées
Se répandent alors dans ma poitrine
Faisant de moi le lit
De promesses inspirées

Tout de suite, en moi, crient
Les possibilités infinies
Qu'à ma porte frappent
Avec mille histoires inédites

J'ouvre doucement et pendant un moment
Mon entier Être entrevoit
Entre deux brassées de vent
Le délicieux soleil de Printemps

Il y aura, alors, beaucoup de soleil et il y aura des fleurs
Il y aura des rêves et des amours
Beaucoup de rires et d'étreintes
Des couleurs et moults attaches

Mais, au-delà
Les longs hivers
Les brulants enfers
Les jours où je pleurerai
Les jours où je saignerai
Seront là, aussi

Je serai, tant de fois, l'oiseau triste
Une âme fatiguée qui désiste
Plutôt que nectar, je serai fiel
Dans les jours amers, sans miel

Mais tout ceci est la vie
Tantôt fanée, tantôt fleurie
Les épines appartiennent à la rose
Tantôt belle, tantôt douloureuse!

(Carmen Cupido)


 

jeudi 12 mars 2020

Poème Vernal




Il neige.
À la lisière du Printemps
Le jour se couvre
D'un manteau blanc.
L’hiver se plaît ; le froid s’étend.

Il neige. 
Le feu s’allume
Et au coin de l’âtre, 
Le jour file
Encore et toujours
Son fil hivernal.

Il neige.
Le soleil, endormi,
Se repose dans son sommeil hiémal
Dame nature, affaiblie,
Le suit dans son lit.

Il neige.
Les clochettes
Perceuses de Neige
Trop engourdies
(Ne sentant pas venir l’équinoxe)
Sous terre se blottissent
Les unes contre les autres

Il neige.
Face à l’ennemi 
À la cape opaline
Les Magnolias embryonnaires
Battent en retraite.

Il neige. 
Seul l’air du vent
Lamente les cris 
Des enfants 
Les arbres nus
Et les pépiements
Oubliés des oiseaux.

Il neige.
Et depuis ma fenêtre
Je vois tomber les flocons
Couleur virginal
Ils viennent tâcher
De leur encre glaciale
Mon poème vernal.

(Carmen Cupido)

jeudi 27 février 2020

Soleil d'Automne



Je t’attends
Depuis la nuit des temps
Je suis ce tournesol, tête dans le ciel
Scrutant avidement
L’entière ovalité de l’horizon
Mes yeux rivés sur toi
Oh Astre majeur
Du haut de mon silence
Je guette ton passage
À l’équateur céleste
Et tu viendras,
Au coin de ta bouche
Tu porteras
Ton sourire solaire
Et les profonds sillons
Que la dureté des chemins
Aura creusé
À la lisière de tes yeux
Déclameront les histoires
Chaque ligne de ta trajectoire
Périlleuse, entre les équinoxes
Ton regard de lumière
Se posera alors sur mon cœur
Révélant toute la candeur
Qui définit ton visage
Et je reconnaîtrai
Dans la distincte intégrité
De la quiétude que tu m’offres
Que ce Soleil
Vêtu d’automne
Est le destin
Qui frappe enfin
À ma porte.

(Carmen Cupido)

jeudi 1 août 2019

La lumière que je leur donne


Il se tait, mon sourire,
Peu à peu, je le sais
Dans les lèvres de mes yeux
Que je mords
Pour que la bouche ne pleure
Les ovules de larmes
Qui descendent les marches
Qui séparent les ovaires de la Poétesse
De l’utérus qui anxieusement attend
 L’embryon Poème

Je plie,
L’un de mes genoux touche déjà terre
Sous le poids que, chaque jour de plus, m’enterre
Brassé de corps et de vies que je porte sur mes épaules

Parce que je me suis senti courber
Avec tous les morceaux des autres que je porte sur moi
J’ai soustrait mon propre poids qui est devenu ombre
Parce que les ombres ne pèsent pas et ne se voient
Que quand le soleil vient...

Mais puisque le soleil ne vient pas
(Déshériter les autres de moi je ne le pouvais pas)
J’ai pensé découdre ce que je suis,
Déchirer toutes les coutures de mon être
Et des tripes de l’amour en faire des ficelles de lumière

J’ai étendu les ficelles, je le jure, sans garder une seule,
Tout au long de la route de ceux qui vivent pour moi
La vie que je ne vis pas ; Mais les fous
N’ont même pas réalisé
Qu’au bord du chemin je me suis abandonnée
Pour pouvoir marcher en les portant sur mon dos
Mais sans personne à l’intérieur de moi

Il se tait mon sourire
Peu à peu, je le sais
Dans les lèvres de mes yeux...
Elle me fait mal, dans ma chair, cette douleur
De porter tant de bouches accrochées
Aux mamelons de ce que je suis
Suçant, avides, toute la lumière que je leur donne
Et moi, glissant déjà, sous le voile noir des ténèbres…

(Carmen Cupido)

lundi 6 juin 2016

Berceuse de Brahms des champs




Depuis
mon balcon
j'admire la Terre
dans son éternel
enfantement de saisons
accoucher des coquelicots
sans mot, le ventre ouvert...

Dans
Le petit Pré d'à côté
d'entre les joues rougies du blé
l'enfance limpide de l'été
sans cri, sans fanfare, renaît...

Seul
le Brahmien
petit air du vent
berce le nouvel enfant
dans les bras dorés des champs...

Du haut de son zénith, le soleil attendri sourit et moi aussi ; et moi aussi !

(Carmen Cupido)

jeudi 5 mai 2016

Le Soleil et les Étoiles
































(Photo La recontre du Soleil et des étoiles d'André Cupido)


Petites âmes célestes
S'en vont à l'encontre
Du géant immodeste
Insolite rencontre
D'étoiles pullulantes
À l'audace insolente
Venues s'effleurer
Au grand Maître Vermeil
L'incandescent astre Soleil
Roi absolu dans son donjon
Nucléaire bourgeon
Aux hautains rayons
Qui se prennent pour des épées
Au centre de la voie lactée...

Béant d'étonnement
Le Néant, ne souffle mot!

(Carmen Cupido)