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mardi 6 juillet 2021

Pour voir si j'existe



Poème
Est la main
Que je te tends
Dans les heures obscures
Où j'ai besoin que tu me touches
Pour voir si j'existe!

(Carmen Cupido)

dimanche 21 mars 2021

Corpus Poème Corpus


Donner "Corpus" au Poème,
Avec mon corps entier.
Guigner dans les entrailles de ce que je suis
Sans bandeau dans les yeux des mots.

Accoucher d'enfants qui naissent sans demander assentiment.
Sans demander pourquoi; pour quoi.
Ils sont, existent et point.

Big Bang de gribouillis
Qui se croient des rêves de lumière,
Traversant le tunnel utérin de la Poétesse.
Ils vont, pressés, arracher des mondes
Au trou noir de l'âme.

Bouts de vérité, qu'en forme de mensonge,
Glissent, je ne sais d'où jusqu'au bec étroit de la Plume.
Murmures d'amour, peut-être désamour, qui brûlent
Les doigts de tous ceux qui touchent la peau du corps du Poème.

Poser l'ouïe dans la poitrine de la nostalgie
Quand celle-ci maudit l'absence,
Lui jetant mille blasphèmes au visage.

Fleur de "Carme" qui éclot, parce que.
Ses racines, creusant, par dedans
La chair qu'elle prend pour Terre.

(Carmen Cupido)

jeudi 12 mars 2020

Poème Vernal




Il neige.
À la lisière du Printemps
Le jour se couvre
D'un manteau blanc.
L’hiver se plaît ; le froid s’étend.

Il neige. 
Le feu s’allume
Et au coin de l’âtre, 
Le jour file
Encore et toujours
Son fil hivernal.

Il neige.
Le soleil, endormi,
Se repose dans son sommeil hiémal
Dame nature, affaiblie,
Le suit dans son lit.

Il neige.
Les clochettes
Perceuses de Neige
Trop engourdies
(Ne sentant pas venir l’équinoxe)
Sous terre se blottissent
Les unes contre les autres

Il neige.
Face à l’ennemi 
À la cape opaline
Les Magnolias embryonnaires
Battent en retraite.

Il neige. 
Seul l’air du vent
Lamente les cris 
Des enfants 
Les arbres nus
Et les pépiements
Oubliés des oiseaux.

Il neige.
Et depuis ma fenêtre
Je vois tomber les flocons
Couleur virginal
Ils viennent tâcher
De leur encre glaciale
Mon poème vernal.

(Carmen Cupido)

jeudi 1 août 2019

La lumière que je leur donne


Il se tait, mon sourire,
Peu à peu, je le sais
Dans les lèvres de mes yeux
Que je mords
Pour que la bouche ne pleure
Les ovules de larmes
Qui descendent les marches
Qui séparent les ovaires de la Poétesse
De l’utérus qui anxieusement attend
 L’embryon Poème

Je plie,
L’un de mes genoux touche déjà terre
Sous le poids que, chaque jour de plus, m’enterre
Brassé de corps et de vies que je porte sur mes épaules

Parce que je me suis senti courber
Avec tous les morceaux des autres que je porte sur moi
J’ai soustrait mon propre poids qui est devenu ombre
Parce que les ombres ne pèsent pas et ne se voient
Que quand le soleil vient...

Mais puisque le soleil ne vient pas
(Déshériter les autres de moi je ne le pouvais pas)
J’ai pensé découdre ce que je suis,
Déchirer toutes les coutures de mon être
Et des tripes de l’amour en faire des ficelles de lumière

J’ai étendu les ficelles, je le jure, sans garder une seule,
Tout au long de la route de ceux qui vivent pour moi
La vie que je ne vis pas ; Mais les fous
N’ont même pas réalisé
Qu’au bord du chemin je me suis abandonnée
Pour pouvoir marcher en les portant sur mon dos
Mais sans personne à l’intérieur de moi

Il se tait mon sourire
Peu à peu, je le sais
Dans les lèvres de mes yeux...
Elle me fait mal, dans ma chair, cette douleur
De porter tant de bouches accrochées
Aux mamelons de ce que je suis
Suçant, avides, toute la lumière que je leur donne
Et moi, glissant déjà, sous le voile noir des ténèbres…

(Carmen Cupido)

dimanche 22 avril 2012

Rosée du Matin

























Le silence,
Ce nid utérin
Rosée du matin
Hivernal castel
Contenant en son sein
La fleur du mot encore si frêle

Aux premiers rayons du soleil
La promesse s’étire, s’éveille
Petit à petit, la fleur du mot se fait fruit
Se fait voix, se fait bruit, se fait chair, mûrit

Et le poème apnéique  
Transperçant dans l'acte 
Son propre liquide amniotique
D'un seul cri, délivre intacte
Son entière mélodie!

(Carmen Cupido)