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jeudi 13 février 2020

Guerrier de Lumière


La voici,
L’occulte vocation 
L'ultime aspiration du silence
Délivrer tous les cris
Ces créatures emprisonnées
Qu’y gisent
Au fond 
De nos yeux meurtris
Creuser
Un profond sentier
Dans le gouffre infertile
Infernale de nos gosiers
Ouvrir le passage
À toutes les voix
Orphelines de mots
Se faire
Guerrier de Lumière
En éternel duel
Épée en main
À l’assaut
De tous les maux
Qui nous ensevelissent
Vivants
Dans l’obscurité
Cet étendu noir
Avaleur d’astres
Géant néant
Qui tue
Sa faim de matière
En engloutissant
 Nos âmes amères.

(Carmen Cupido)


lundi 17 décembre 2018

Les Roses



Dans l’asphalte des villes,
Il n’y a plus de roses
Seuls les narcisses osent
Pousser dans ce chaos, cette immonde saleté
S’admirant longuement, les yeux collés à leurs reflets,
Épris de la beauté de leurs propres nombrils rosés

Il y a une multitude de gens
Aux yeux plus grands que le ventre
Qui coupent sans remord et sans peine
Les veines aux mélodies des feuillages

Dans une ultime pulsation
Les enroués battements des feuilles
Entonnent une toute dernière chanson
Aux oisillons dans leurs nids
Au sommet des arbres meurtris

Des parois de fer et de béton sont érigés
À place des champs et des forêts
Et le ventre de la terre, si infâmement violé
N’enfante plus que des tours verticales
Que de poignard en main, s’en vont égorger le ciel

Non, là-bas, des roses il n’y en a pas
Des roses il n’y en a plus, là-bas
Et s’il y en avait, de dégoût se tueraient
Il ne reste, dans les jardins, que des êtres inhumains
Qui s’entremangent, salivant le sang de tous les innocents

Ils sont si occupés au jeu du prédateur qui mange l’agneau
Qu’ils ne voient même plus que le jour nouveau
Noyé dans son propre mucus ensanglanté
Se meure in utérus, mort-né dans son berceau.

(Carmen Cupido, traduction et adaptation au français du poème
« O asfalto das cidades » in Na Matriz da Palavra, 2010)

jeudi 27 septembre 2018

Blessures opalines


Ne me cherchez plus
Au fond de mes yeux
Je ne suis plus
Qu’un rêve brumeux
Qui gît au fond de moi
Une ombre difforme
De l’être que j’ai voulu être
Mais que je n’ai jamais été

Sous cette terre qui m’enterre
Je ne suis qu’un perce-neige qui s’oublie
Sous son tombeau blanc ensevelît
Son corps frêle à moitié engourdît
N’a plus la force de tirer sur ses racines
Et mille et une blessures opalines
Glacent son cœur, qu’à petit feu, se meurt

La fleur lentement s’éteint
Sa tige a inexorablement perdu son chemin
Dans les profondeurs du gosier vorace de l’hiver

Tout au fond de sa torpeur, une douceur printanière, inconsolable, erre…

Inconsolable, erre.

(Carmen Cupido)

vendredi 7 avril 2017

La Poétesse et la Mer


Viens,
Oh grand bleu
Dans l'antre de mes yeux
Et emmène-moi au loin
Mon rêve
Se niche déjà
Au creux de tes mains
Et moi, je me jette éperdument
Dans tes bras

Viens,
Et emmène-moi au large
Sur la croupe de ta vague
Galopons-y vélocement
jusqu'à l'azur fort reluisant
Montre-moi donc cet autre monde
Que la magie (encore) inonde
D'enchantement

Si,
À la fin du voyage
De ce chemin d'aérien halage
Tu vois que le vertige me prend
Dépose-moi gentiment
Sur ton flanc d'ouateuse écume
Ton lit de blanches plumes
Où mon âme à nue en mots se muera
Goutte à goutte, le silence se diluera
En mille et un poèmes
Or naïfs, or bohèmes
Qui s'en iront, enfiévrés
Traverser de pair en pair
L'horizon de papier
Et tel des troubadours
Déclameront la belle histoire d'amour
De la Poétesse et de la Mer...

Et, tandis que la poésie se couchera; La page blanche, elle, attendrie, lui sourira!

(Carmen Cupido)

mercredi 27 juillet 2016

Le Cygne et la Tourterelle



Dans
la gaieté
d'un jour d'été,
un hymne émane
du bec mélomane
de la rieuse tourterelle
sous la verdoyante ombrelle,
haute branche du sapin 
au fond de mon jardin

Et...

Sous le ciel
blanc bleu ouateux,
l'envoûtant air mélodieux,
d'un coup de crayon
à l'intérieur de mes yeux,
érige à gracieux cygne
la triste tourterelle
qui glisse ses curvilignes
sur les eaux imaginaires
de mon esprit, quasi endormi,
aux bras de la belle saison

Voilà que...

Un chant gris d'oiseau aura suffit
pour calmer l’enivrante ébriété
des jours lents, ardents, de l'été
dans l'âme nouvellement rafraîchie!

(Carmen Cupido)