vendredi 7 avril 2017

La Poétesse et la Mer


Viens,
Oh grand bleu
Dans l'antre de mes yeux
Et emmène-moi au loin
Mon rêve
Se niche déjà
Au creux de tes mains
Et moi, je me jette éperdument
Dans tes bras

Viens,
Et emmène-moi au large
Sur la croupe de ta vague
Galopons-y vélocement
jusqu'à l'azur fort reluisant
Montre-moi donc cet autre monde
Que la magie (encore) inonde
D'enchantement

Si,
À la fin du voyage
De ce chemin d'aérien halage
Tu vois que le vertige me prend
Dépose-moi gentiment
Sur ton flanc d'ouateuse écume
Ton lit de blanches plumes
Où mon âme à nue en mots se muera
Goutte à goutte, le silence se diluera
En mille et un poèmes
Or naïfs, or bohèmes
Qui s'en iront, enfiévrés
Traverser de pair en pair
L'horizon de papier
Et tel des troubadours
Déclameront la belle histoire d'amour
De la Poétesse et de la Mer...

Et, tandis que la poésie se couchera; La page blanche, elle, attendrie, lui sourira!

(Carmen Cupido)

lundi 27 février 2017

Marie Silence

(Photo de Maria Flores olhares.com)


Marie est grande.
Parce qu'elle garde à l'intérieur de ce qu'elle est,
toutes les tailles de l'être qu'elle a déjà été
Et la mémoire du sang qu'elle a perdu, des larmes qu'elle a léché
aussi!

Marie est Femme.
Mais quand la tempête vient, elle se fait homme fort, debout
Et ni même au cœur de l'ouragan elle ne tremble ou perd la foi
Parce que sa mère, femme elle aussi, lui a appris
À monter à la croupe du vent pour lui tirer les rênes!

Marie est Corps.
Elle est chair, sang, ombre, péché; Matière, obscur, ventre, sacré
Déesse consacrée; Vierge Mère immaculée
Et Prostituée aussi,
Quand le sexe épanche les temps blessés
cherchant l'oubli dans les plaisirs consommés!

Marie est Pilier.
Mais ses murs sont faits de bras chauds qui forment un foyer
Elle est lien de mille pointes que personne ne retient, pont pour l'au delà du loin
Mer d'aimer l'amour qui sait par cœur
Comment silencer la douleur!

Marie est Arbre.
Et elle traverse les saisons
avec les bouches des ses enfants clouées à ses seins,
branches chargés de fruits d'amours, d’élixir de mère
Et au creux de son décolleté, un tronc d'acier
qui soutient le poids du monde!

Marie est essence.
Imprimée dans l'âme, elle porte la science
De respirer les choses simples
Et quand elle se met à regarder la vie
C'est comme si c'était Dieu qui guignait de là-haut!

(Carmen Cupido)
(Version française de mon poème "Maria é" publié dans "Na Matriz da Palavra")

lundi 15 août 2016

Fleur en Bouche


Le silence...

Ce mot comme un autre
Blessure qui se vautre
Dans le sommeil du secret
Étreinte caché d'un regret
Aux syllabes suspendues
Âme distendue
Par le fil de l'agonie
Douleur à l'heure
Où le tout en dysphonie
Est une fleur qui se meure
En bouche !

(Carmen Cupido)

dimanche 14 août 2016

Géant Abismal




En silence.
Soutenir le poids de ton absence
Déjà-vu ou Clairvoyance
D'un présage lacrymal
Qui s'attise dans ma veine
Et fait de moi le rameau fantôme
Oú, seul, ton ombre
Géant abismal
Ambule, vague, déambule
Et dans l'entre-temps
Dans un murmure
Quasi muette plainte
Tout en moi se meure, s'annule
L'amour, l'air
La vie, la lumière
Et moi ici,
(laisse-moi rire...)
Déjà demi morte,
Je veux encore par la force
Étancher la blessure
De ton absence
En silence.

(Carmen Cupido)



mercredi 27 juillet 2016

Le Cygne et la Tourterelle



Dans
la gaieté
d'un jour d'été,
un hymne émane
du bec mélomane
de la rieuse tourterelle
sous la verdoyante ombrelle,
haute branche du sapin 
au fond de mon jardin

Et...

Sous le ciel
blanc bleu ouateux,
l'envoûtant air mélodieux,
d'un coup de crayon
à l'intérieur de mes yeux,
érige à gracieux cygne
la triste tourterelle
qui glisse ses curvilignes
sur les eaux imaginaires
de mon esprit, quasi endormi,
aux bras de la belle saison

Voilà que...

Un chant gris d'oiseau aura suffit
pour calmer l’enivrante ébriété
des jours lents, ardents, de l'été
dans l'âme nouvellement rafraîchie!

(Carmen Cupido)

lundi 6 juin 2016

Berceuse de Brahms des champs




Depuis
mon balcon
j'admire la Terre
dans son éternel
enfantement de saisons
accoucher des coquelicots
sans mot, le ventre ouvert...

Dans
Le petit Pré d'à côté
d'entre les joues rougies du blé
l'enfance limpide de l'été
sans cri, sans fanfare, renaît...

Seul
le Brahmien
petit air du vent
berce le nouvel enfant
dans les bras dorés des champs...

Du haut de son zénith, le soleil attendri sourit et moi aussi ; et moi aussi !

(Carmen Cupido)

jeudi 19 mai 2016

Paupières Endormies


(Acrylique "Les yeux fermés" de Damian Kłaczkiewicz)


Comme
C'est difficile
De dessiner l'esquisse
Douloureuse de la sincère parole
Entre vraies lâchetés et fausses peurs lacrymales
Entre narcissismes aigus, sourdes indifférences
Et le silence, toujours le silence
Oppresseur, seigneurial...

C'est
À se demander
Si la capacité d'expression
 N'est ce qu'un vaste désert stérile
D'essence, d'émotion, de cœur, de raison
Aride, acide horizon qui s'étend
Sous les paupières endormies des gens...


(Carmen Cupido)

mardi 17 mai 2016

Fil de Lune



Je sens
Un son qui se forge
Au fond de ma gorge
Un mot silentium – immune
Bravant la fine bruine
Gouttelettes aloïne
Vers amer, fluide amertume
Tristesse – en – âme qui hume
L'humus poème
en silence...

Oui,
Un seul mot suffit
Pour réveiller la Muse
Léthargique recluse
De ma bouche close
Et soudain, l'écho retentit
Allumant l'esprit
Comme un fière fil de lune
Extirpant à l'obscurité inopportune
Sa douce mélodie...

Ah, Poésie ! ; Ah, Poésie !

(Carmen Cupido)

jeudi 12 mai 2016

Au creux de ma paume



Une ombre se glisse
Au seuil de mon être
Dans mon ventre se hisse
La nuit comme un sceptre

Elle m'effleure ; telle fleur de fiel
Et l'(in)culte silence dans son autel
Replie l'insurgé cri dans ma bouche
Quand la noirceur viens et me touche

Folle, ignare, béotienne, la nuit
Elle me veut mais ne sait pas qui je suis...

Je porte le jour au creux de ma paume
L’aube éternelle en forme de baume
Arc-en-ciel à la source infinie
Lumière qui jaillit, jaillit, jaillit...

(Carmen Cupido)

jeudi 5 mai 2016

Le Soleil et les Étoiles
































(Photo La recontre du Soleil et des étoiles d'André Cupido)


Petites âmes célestes
S'en vont à l'encontre
Du géant immodeste
Insolite rencontre
D'étoiles pullulantes
À l'audace insolente
Venues s'effleurer
Au grand Maître Vermeil
L'incandescent astre Soleil
Roi absolu dans son donjon
Nucléaire bourgeon
Aux hautains rayons
Qui se prennent pour des épées
Au centre de la voie lactée...

Béant d'étonnement
Le Néant, ne souffle mot!

(Carmen Cupido)

jeudi 28 avril 2016

Dieu sur mon épaule





Oh Dieu,

Fait que mes yeux
Ne tombent dans l'opacité
Cette cruelle cécité
De l'indigne indifférence
Qui plonge les âmes dans l'errance
Et les gorges dans le silence...

Fait que mon coeur percale
Au sommet de sa tige verticale
Ne perde jamais sa belle lueur
De tendre et douce fleur
Qui, dans l'ultime effort pulsionnel
Étire ses pétales vers le ciel...

Je t'en prie,

Viens couper la sangle ventrière
Qu'en suspens retient la lumière
Et éventre, de tes saintes mains,
L'ombre à la matrice féconde
De tous les cris du monde
Vite engloutis, morts nés sans demain...

Je veux tant croire que tu es l'oiseau orphelin
Celui qui brandit son pépiement cristallin
Contre les scies de l'homme qui détruit son nid ...

Quand tu seras fatigué, 
Épuisé de tant oeuvrer, 
Viens, viens te réposer... 
Sur mon épaule !


(Carmen Cupido, 28 Avril 2016)

dimanche 7 décembre 2014

Silence Blanc


















Oiseau muet au chant égaré
Dans la gorge acérée
De l'austère hiver...

Mélancolie à fleur de ciel
Engourdit le bleu et les ailes
Au vol à l'envol avorté...

Il pleure son printemps
Au pépiement éloquent
Sous un silence blanc...

(Carmen Cupido)

jeudi 11 juillet 2013

Cocon silence en bouche close



Goutte à goutte, je m’évapore
Mon âme, mes yeux, mon cœur
Le "Je"me quitte via mes pores

Le temps, déjà, me mord
Sans mot, mon tout se tord
Vide de cris…

Cocon silence en bouche close
Se dessèche, se meure, Rêve ou Rose
Avant même la métamorphose

Mort – née sans ailes,
À  jamais Chenille
Je suis !


(Carmen Cupido)


lundi 10 juin 2013

En silence, soutenir le poids des mots




 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
En silence,
Soutenir le poids des mots.

Et quelle lourdeur!
Faite de fers, faite de braises, faite de pierres.

Oh, j’ai mal!
Dans ma gorge tout me serre.

Qui est là ?
La fleur morte ou la vive rage?
La blessure ouverte ou les maintes outrages?

Avant,
J’avais un cri en forme de mots.

Aujourd’hui,
Anges déchus muets d’échos.

Ma bouche est nue...
Le temps et la vie me l’ont dévêtue !

 
(Carmen Cupido, 10 Juin 2013)

Dans un silence frêle






















Dans un silence frêle
Aligner nos âmes, nos ailes
Lissons à outrance nos plumages
Que rien ne manque dans l'accastillage
De nos corps incroyants, de nos cœurs battants
D'impossible, de ciel, de mer, de sel, latents...


Carmen Cupido

lundi 6 août 2012

Saphir liquide



























(Crying blue & green Painting by Sansamn)


Silence…

Tout est paix
Dans la chrysalide du secret
Je ne dis rien, je me tais

C’est encore tôt
Pour réveiller la rose
Dans le ventre

Si je parle, j’ai peur
Que le mot prématuré
Creuse dans la terre
Sa tombe, avant l’heure

Silence...

Seul le saphir liquide
Qui jaillit de mon âme
Déchire le vent

Dans un bref battement d’ailes!

mardi 31 juillet 2012

Fanaison lente


















(Veil image de Dan Tomimatsu Designer)


Un mot s’étiole
En fanaison lente,
Au fond d’une fiole

Un mot déchu
En absolue obsolescence
Au fond du silence

Un mot échancré
Inexorablement piégé
En son propre passage secret

Un je t’aime cicatrice
Bourgeonnant à l’envers
En sa propre matrice !

mercredi 18 juillet 2012

Le violon et la Rose






















(Peinture de Jean-Charles Knupfer, Artiste Peintre)



Partition
À cœur ouvert
Vallon pour Violon
Silence en concert
Endormi,
L’archet en léthargie
La mèche trop usée
Au soupir insonore
Récital de pétales
À l’écho indolore
Entendrai-je
Une note mélodieuse
Qu’en suspens se repose
À l’ombre de la rose ?

(Carmen Cupido)